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samedi 29 octobre 2011

Bilan de la coupe du monde de Rugby 2011: I Retour sur Terre

   Il m'aura donc fallu prés d'une semaine pour pouvoir écrire après cette finale de coupe du monde de rugby. Agen est en train de battre Montpellier à Armandie et je dois dire que cette journée de Top  14, la titularisation d'Heymans, ou l'atroce blessure de Domingo, m'ont aidé à franchir le cap. Depuis quelques jours, je pouvais en sourire,  mais impossible de se mettre au clavier.
Dagg : "Fiers et impatients"
 Pourtant, beaucoup de choses me viennent à l'esprit à propos de ces 6 semaines. Tellement que plutôt que vous assommer avec un article roboratif censé condenser la totalité de la compétition, je vais faire plusieurs bilans sous des angles différents qui méritent tous d'être développés.

  La Nouvelle-Zélande est championne du monde, et c'est de bonne grâce que je me joins aux félicitations que ces joueurs et ce staff ont reçus pour leur rôle dans le rugby mondial, comme vitrine, acteurs brillants, et enfin hôtes dignes et chaleureux. Ceci est fait sans ironie et amertume mais le politiquement correct ne m'empêchera pas d'évoquer certains aspects dommageables notamment lors de la finale.

 S'il m'a fallu quelques jours pour pouvoir évoquer par écrit ce tournoi, ce n'est pas uniquement à cause de la déception très forte que j'ai ressenti à l'issue de cette finale perdue par la France. Mais aussi parce que l'intensité des émotions fut au rendez-vous. Ce sport reste pour moi un sport exceptionnel.
  Je veux d'abord insister sur la pertinence extrême de cette compétition dans le rugby professionnel. Comme joueur, j'ai connu le rugby amateur et assisté comme supporter et amateur, attentif et parfois inquiet à l'avènement du professionnalisme. La coupe du monde semblait suivre pour moi les pas de la compétition du même nom du football, et déjà on aurait pu craindre que ce rassemblement soit le symbole de la fin du sport que l'on aimait, celui du tournoi de 5 nations et des tournées dans l'hémisphère sud. Pourtant dès la première édition, en 1987 en Nouvelle-Zélande, ce fut une réussite. Pour la Nouvelle-Zélande avec une première victoire, pour la France avec une demi-finale d'anthologie face aux australiens, et pour ce sport en général qui a vu réunis différents niveaux, différents styles sans que ce jeu perde l'essentiel de ce qui aujourd'hui encore en fait un sport à part, un spectacle à part, une expérience humaine exceptionnelle.
  La compétition mondiale aurait pu exacerber les mauvais cotés d'un "star-système" mais sans pour autant verser dans un tableau idyllique en oubliant que le rugby est ou sera touché par des problèmes de dopage, de moeurs ou autres, on peut constater aujourd'hui que l'essence de ce sport a perduré depuis la première édition. Elle a évolué vers un spectacle fédérateur, parfois grandiose, alliant une complexité inédite dans un sport de cette envergure à une popularité trans-générationnelle grandissante.
   Ce sport étant construit sur des hommes (ou femmes) forts mais surtout liés dans le combat collectif, il a trouvé un écho retentissant dans une compétition de six semaines, aux contraintes physiques énormes, et aux difficultés psychologiques inhérentes à une vie de groupe si longue, si on ajoute la phase de préparation de 2 mois pour les français par exemple. C'est un périple, une odyssée au sens mythologique que vivent ces groupes humains, et que nous vivons par procuration. C'est par l'exceptionnelle dureté psychologique de ce parcours que cette compétition épouse les valeurs de ce sport.
 L'équipe de France est un bon exemple. Tout supporter un tant soit peu impliqué a été soumis à un rude régime émotionnel cette fois. Une phase difficile  pré-coupe du monde avec des déculottées mémorables (Australie, Argentine, Afrique du Sud)  et un tournoi morose, a laissé place à une phase de préparation vendue comme exceptionnelle et de fait porteuses d'espoirs. Puis la frustration des premiers matchs a laissé place à la frayeur avec la défaite contre le Tonga, juste avant un quart attendu contre l'Angleterre. Le premier match éliminatoire a réveillé les espoirs avant de voir la demi-finale à nouveau doucher nos espoirs de jeu. Je laisse la Finale pour plus tard mais elle ne fut pas exempte d'émotions. Un véritable yoyo, donc nous a mis en tension croissante durant ces six semaines. Les conférences de presse,(j'y reviendrai aussi) devenaient des évènements en soi, les commentaires allaient bon train sur les dissensions dans le groupe, les cassures ou les clans, entre joueurs ou avec le staff.
   Chaque interview de joueur montrait pourtant que rien de tel n'existait réellement, en dehors de l'échec du plan "A" annoncé. La frustration générait la spéculation etc...

   J'ai vibré comme rarement cette fois, et j'aime encore plus ce sport, cette compétition et l'équipe de France. Mais c'est heureux que ce ne soit que tout les 4 ans, tant les émotions m'ont mobilisé pendant la durée du tournoi.

 À SUIVRE...

dimanche 11 septembre 2011

Vive la coupe du monde!


  Bon, ça y est, on y est. Voilà la compétition bien lancée avec déjà des matchs passionnant par l'intensité que chaque équipe met. A la vue des matchs du Japon , des USA ou de la Roumanie, ou des oppositions serrées entre l'Argentine et l'Angleterre , et les Pays de Galles et L'Afrique du Sud, on peut s'interroger sur la pertinence des traditionnels test-match de tournée, ces matchs donnant des résultats très incohérents le plus souvent entre les équipes européennes et celles de l'hémisphère sud. Ce n'est pas le sujet mais ça me tracasse.
  Il reste que toutes ces oppositions ont tout de même fini par respecter la hiérarchie habituelle entre hémisphères et entre équipes des deux tournois majeurs que sont les VI nations et le tri-nations et ... les autres. Espérons que les surprises finiront par arriver car ce sport en a besoin pour sa popularité.
 
 Pour les français, le démarrage est poussif. Je signalerai pour commencer la prestation moyenne de Romain Poite, seul arbitre français de la compétition, qui n'a pas cru bon de signaler à son collègue de champ également distrait, le magnifique placage sans ballon anglais des dernières minutes d'Argentine/Angleterre, qui enlevait toute chance aux argentins de gagner ce match, après l'essai anglais consécutif à une faute imaginaire du centre argentin, placage dangereux que je ne comprends pas, mais alors pas du tout.

  Pour ce qui est des bleus, ce fut aussi très poussif. Après une entame convaincante sur l'envie et l'engagement, notre XV a progressivement disparu du combat collectif sans avoir jamais montré d'ambitions offensives réelles , si ce n'est sur cette combinaison qui a propulsé Estebanez dans l'intervalle au début du match. L'interception de Trihn-Duc, comme à Dublin, a rendu trop facile la maitrise du tableau d'affichage, et les travers français qui n'ont pas besoin d'être encouragés ont réapparu aussitôt, engagement minimum, attentisme défensif.
  Je me souviens parfaitement du match Japon/Fidji de 2007 à Nantes , je crois, qui reste avec l'inoubliable Galles/Fidji un des meilleurs matchs de cette compétition. Les japonais avait montré une compréhension avancée du rugby de haut niveau, et s'était incliné de quelques points seulement au terme d'une rencontre magnifique de bout en bout. Ils avaient notamment été capable de tenir le ballon 3'50s au-delà de la sirène pour espérer marquer un essai qui leur aurait donné la victoire. Ils avaient d'ailleurs eu droit avec leurs adversaires à une standing ovation de plusieurs minutes. Sachant aussi que leur championnat domestique a la réputation d'être d'un niveau très correct, je n'ai pas été surpris de les voir à ce niveau. Il faut d'ailleurs reconnaitre que sur le plan du jeu, ils ont remporté ce match, alliant conservation et vitesse beaucoup mieux que l'équipe de France.
On se consolera donc en se disant que l'adversaire n'était pas si mauvais que ça. Mais pour autant, pas de quoi se rassurer. On attends vainement que cette équipe déploie son potentiel, et montre un peu d'ambition offensive. Faudra-t-il une fois de plus que nous soyons la peur au ventre pour voir le vrai visage de ces joueurs? Peut-être, et il est sûr, hélas, qu'une accession aux demi-finales suffirait à la plupart des français pour considérer cette compétition comme réussie, mais en tant qu'amoureux de ce sport, je suis frustré de ne pas pouvoir me réjouir de voir les bleus en action un peu plus souvent. Je suis aussi inquiet de penser qu'il pourrait n'y avoir aucun réveil, et que l'absence de jeu que nous voyons depuis l'avènement de ce staff soit finalement la triste réalité.
  Rien d'original donc dans cette analyse aujourd'hui mais je dois dire que cette compétition me réjouit. J'ai pu ainsi échapper aux excessives commémorations du 11 septembre 2001, qui semble passionner surtout les journalistes. Alors vive la coupe du monde de rugby!

dimanche 14 août 2011

Bon, voilà, c'est ça un match de préparation.

Je m'étais fait une joie de voir ce match d'ouverture. J'étais bien installé avec la ferme intention de conjuguer enthousiasme de supporter et analyse pertinente des moindres indices.
Et il faut avouer que je suis resté sur ma fin, surtout coté enthousiasme de supporter!
 Il y a bien eu vingt minutes convaincantes pour les bleus, de la vitesse et peu de ballons tombés, quelques enchaînements séduisants et un bel essai de Vincent Clerc ( heureusement!) . Mais voilà, après cela 40 minutes de rien! , les verts ont confisqué le ballon que nous avons été incapables de garder 3 temps de jeu, et en face , c'était pas brillant non plus. J'en veux pour preuve la percée de Kiernay en seconde mi-temps, un des seuls à donner vitesse et solutions en même temps, qui se retourne au bout de trente mètres de course pour constater qu'aucun co-équipiers n'a même pris son sillage, et se groupe pour recevoir un double placage français.
  C'est donc un match de préparation avec tout ce que cela comporte et je devrai me réjouir d'avoir vu un peu de rugby, mais je suis impatient.
  Sinon, parlons des choses qui font plaisir. Je ne sais pas si les bleus ont un bon capitaine, mais on peut être sûr qu'il possède un des meilleur 3ème ligne-aile du monde avec Thierry Dusautoir. Il a affiché une forme étonnante, fut omniprésent avec très peu de déchet à l'instar de Warburton avec le Pays de Galles. Vincent Clerc aussi sera au rendez-vous. Comme à son habitude, les grandes compétitions le galvanisent.
Mermoz s'est aussi montré à son avantage, d'autant plus que la stérilité offensive a coïncidé avec sa sortie sur blessure (encore!). Yachvili a aussi fait un bon match et son association avec Trihn-duc laisse de l'espoir même si l'expérience fut trop courte!
Traille, Szarzewski, Lakafia, Marty, et Palisson ont tous montré de belles choses mais ont fléchi physiquement en seconde mi-temps.
 On peut se féliciter d'avoir Imanol sur le terrain, ce ne fut pas son meilleur match mais le rendement de la touche française lui doit tout
 La seconde ligne a souffert physiquement et dans les déplacement mais la mélée est restée forte jusqu'à la fin. Il va falloir ravailler sur la mobilité!!!
  Le coaching tardif a clairement montré que les joueurs sur le terrain n'avait pas encore un match entier dans les pattes. Quelques actions auraient pu connaître un meilleur sort en fin de match grâce au remplaçants, comme celle ou Nallet passe à ... O'Connell

  La semaine prochaine, un test très intéressant nous attend. Il va de soi que l'Irlande ne peut pas imaginer perdre son troisième match de préparation sur son sol, mais la prestation des verts (dont je suis fan) fut à l'image de leur maillot d'hier soir, bien pâle. Quelques exploits individuels, un jeu au pied toujours affûté mais globalement une grande pauvreté offensive, et une grande prévisibilité. Mais si les irlandais mettent les mêmes ingrédients que les gallois contre l'Angleterre il sera difficile de résister à l'intensité celte.

mardi 10 février 2009

Un début de tournoi raté?

Six défaites sur 5 matchs joués, première défaite contre l'Irlande après 6 victoires de rang, la dernière place provisoire du tournoi, une défense friable qui encaisse trois essais,une indiscipline qui nous condamne à perdre, voici quelques aspects d'une réalité qui semble désespérée. Moi-même qui n'était pas un inconditionnel de ce staff, je pourrai commencer à m'impatienter. Et pourtant, je suis sorti de ce match plus séduit que frustré, avec la sensation d'avoir vu pour la première fois ce jeu tant promis l'an passé, jeu de grands mouvement, de relances, qui avait été totalement fantasmé, lors du tournoi 2008.

Je ne suis pas non plus coutumier de la critique de l'arbitrage mais cette fois je ne peux qu'exprimer une incompréhension pour ne pas dire plus face à la copie du gallois Owens. Je ne le crois pas malhonnête et c'est bien ce qui nourrit mon incompréhension. Comment ne siffler aucune faute irlandaise dans les ruck pendant 75 minutes lors d'un tel match, alors qu'à de nombreuses reprises, les verts ont été dans le rouge, dépassé par la vitesse des actions françaises.
Quand on connait ce sport, et que l'on sait que l'arbitre choisit entre les fautes celle qu'il siffle au nom du jeu, jonglant entre l'esprit et la lettre pour créer ce superbe spectacle sportif, on peut sérieusement se demander quel match Mr Owens croyait arbitrer.

Le staff a raison de nous laisser ces digressions sur l'arbitrage et de se concentrer sur ce qu'il peut améliorer avec les joueurs. Marc Lièvremont s'est plaint d'un manque d'intensité, qui expliquerait le déséquilibre des sanctions et a changé pour le match contre l'écosse les deux piliers, Barcella et Mas font leur entrée comme titulaire. C'est plus un roulement qui relègue Malzieu et Chabal, qui n'ont pas démérité, sur le banc au profit de Milo-Chulski et Heymans.

Pour ma part, il y a des satisfactions individuelles, notamment Fritz, qui a découpe tout ce qui lui passait sous la main , et a créé les brèches comme sur le premier essai. Harinordoquy confirme qu'il est en grande forme, Tillous-borde prend de l'aisance même si Parra est à l'affût avec une excellente rentrée.

Cette défaite commence donc à peser sur le bilan, pourtant, ce match donne de l'espoir, Le match contre l'Ecosse devrait permettre de capitaliser un peu de confiance tout en soignant le combat, si on pense à la faiblesse relative du chardon contre le Pays de Galles, en vue du "Big game" contre ces mêmes gallois. Le tournoi semble assez ouvert et l'équipe de France peut encore prétendre à la victoire.